Table ronde sur la formation-expérimentation : permettons enfin à nos collaborateurs/trices d’innover !

Ajouter l’expérimentation à la formation, c’est magnifier son impact. Innover, c’est chercher l’impact. Pour permettre à vos collaborateurs/trices d’innover, il faut leur en donner le pouvoir et le « vouloir ». Ceci vous semble cryptique ? C’est pourtant simple.

Le mardi 5 novembre, se tenait notre Rendez-Vous du Faubourg sur le thème de la formation par l’expérimentation. Comme pour chaque édition, plusieurs intervenants ont participé à notre table ronde pour partager avec le public leurs expériences, leurs convictions, et surtout leurs conseils. Pour échanger, nous avions le plaisir de recevoir :

  • Julie Arouna, Docteure en Management de l’Innovation et Entrepreneuriat de l’Ecole Polytechnique, fondatrice et dirigeante de la Valeo Innovation Academy ;
  • Juliette Denizart, Learning Solution and Partnership Manager chez Agorize ;
  • Marc Saulnier, Open Innovation Programs Manager chez Safran Electronics & Defense.

Nous vous proposons cette synthèse des échanges, entre les intervenants ainsi qu’avec le public.

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De quoi parle-t’on au juste ? ​

Reprenons les bases.
La formation, c’est l’action de donner à quelqu’un, ou à un groupe, les connaissances nécessaires à l’exercice d’une activité. L’expérimentation, c’est pratiquer afin d’étudier, d’apprendre quelque chose, d’acquérir des connaissances positives. La formation par l’expérimentation est donc l’alliance des deux, transmettre des connaissances à un groupe en lui donnant l’occasion de pratiquer, de rendre concrètes ces connaissances pour qu’elles soient intégrées. Il n’est plus à prouver que le modèle « conférence de sachant » fonctionne peu : nous retenons en moyenne 10% de ce que nous entendons, mais 75% de ce que nous expérimentons*.

Mais qu’est-ce que l’innovation ? Malgré l’utilisation courante massive de ce terme et ses dérivés, il est beaucoup plus difficile à cerner. Celle que nous retenons, c’est : « une innovation est une nouveauté qui permet de résoudre un problème ou de saisir une opportunité, caractérisée a posteriori par son impact. »

« En matière d’innovation, au-delà de l’aspect technologique, la dimension humaine et sociale est clé »
Julie Arouna

Le lien entre formation-expérimentation et innovation se fait donc au niveau de l’impact. L’expérimentation augmente l’impact de la formation, impact que l’on recherche lorsqu’on « fait » de l’innovation. Nos trois intervenants s’accordent à dire que la formation-expérimentation est le nouveau standard, et qu’elle s’applique notamment à l’innovation collaborative à l’intérieur des organisations. Une personne du public fera même remarquer que « c’est évident, que c’est le nouveau standard ! »

Permettre aux collaborateurs/trices d’innover, vraiment

Tout d’abord, posons-nous la question du sens. Quel est le sens d’inclure les collaborateurs/trices dans la pratique d’innovation de l’organisation ? Pour nos intervenants, il est clair : l’innovation est plus riche quand elle se nourrit de profils divers, et pas uniquement de spécialistes. Mettre en place une innovation inclusive, c’est la nourrir également de tout ce que les individus voient au quotidien dans leurs fonctions, en termes de problèmes à résoudre comme en termes d’opportunités à saisir. Une innovation ancrée dans la réalité du terrain, en somme. De plus, ouvrir l’innovation permet de la démystifier et d’éviter de générer de la frustration chez celles et ceux qui auraient la volonté de s’investir mais pas la possibilité.

« Il faut se poser la question du « pourquoi » avant tout. Pourquoi, pour quoi, voulons-nous innover collectivement ? Puis, une fois le sens posé, on embarque tout le monde, et on convint les décideurs. »
Marc Saulnier

Vouloir et pouvoir, les deux dimensions de l’action. Lorsque l’on veut donner la possibilité à des individus d’innover, il y a ces deux dimensions à prendre en compte : pouvoir innover, mais aussi vouloir innover. C’est-à-dire toute la dimension de l’engagement, de la permission donnée, du sens que l’on donne à cette pratique, de l’horizon qu’on se donne, avant même les questions des connaissances, processus et outils (dont la formation, on y vient).

«Il y a une dimension culturelle très forte à prendre en compte. Par exemple, dans un grand groupe industriel qui se doit de tendre vers le zéro défaut en production, instaurer pour les activités d’innovation une culture où l’erreur est autorisée et même source d’apprentissage, c’est un véritable défi en soi. »
Julie Arouna

Nous arrivons à la dimension fondamentale de l’engagement. Si nos intervenants conviennent qu’il faut aller chercher les collaborateurs/trices pour les engager dans la démarche, il faut aussi leur laisser le choix de le faire ou non ; l’innovation ne se décrète pas, elle se pratique. Venue du public, une question posée par Peter, spécialiste Digital Learning dans une grande entreprise de télécommunications, amène le sujet de l’engagement des dirigeant.e.s : si les innovations suggérées par les collaborateurs/trices sont tuées dans l’œuf, la dynamique en prend un coup. Il n’y a pas de réponse simple à ce problème ; les suggestions amenées furent qu’il faut prévoir un débouché concret au processus d’innovation, qu’il faut se mettre en capacité de prouver la valeur du travail réalisé, et qu’un fort sponsoring des dirigeants est primordial, à moins que vous vous mettiez en mode « demander pardon plutôt que demander la permission ».

« Réussir à créer de l’engagement est au cœur de la dynamique : sachez également repérer les leaders qui vont pouvoir porter cet effort et cette pratique collective. »
Juliette Denizart

L’une des manières de conjuguer les dimensions vouloir, pouvoir et s’engager, est de challenger vos collaborateurs/trices sur une problématique réelle, à forts enjeux, rencontrée par votre organisation. Qu’il s’agisse des produits ou services de demain, de l’organisation entre fonctions, des marchés à conquérir : outillez-les avec une formation et des moyens adéquats, et ils expérimenteront leurs nouvelles pratiques en répondant à la mission que vous leur confiez.

Juliette Denizart pousse cette pratique en tirant le bilan de la table ronde :

La Formation par l’Expérimentation au service de votre innovation collaborative, ou la formation par le challenge ?

Vous l’aurez compris : si ces thématiques nous tiennent à cœur, et que nous organisons ces temps de partage, ce n’est pas que pour le plaisir ou pour le buffet qui suit la table ronde (quoique), c’est également parce que nous avons aussi nos convictions, notre expérience et même, nos dispositifs dédiés.

Nous avons créé, avec notre partenaire Agorize (la plateforme n°1 de l’innovation collaborative), une offre de formation par le challenge (ou challenge-driven learning, si vous aimez l’anglais) : Mak’Em Rize. Au-delà de l’habile jeu de mots (passion française) avec les noms Makin’Ov et Agorize, Mak’Em Rize est un dispositif pour lancer un challenge massif (de quelques dizaines à plusieurs milliers de personnes) d’innovation, couplé à une formation en ligne sur l’état d’esprit et les pratiques de l’innovation. Vos collaborateurs/trices sont ainsi engagé.e.s dans une formation qu’ils/elles appliquent directement sur une problématique à enjeux qui leur est confiée : double impact !

Saisir des opportunités, obtenir des solutions concrètes, diffuser l’innovation dans votre culture : c’est la proposition de Mak’Em Rize.

« Tu me dis, j’oublie.
Tu m’enseignes, je me souviens.
Tu m’impliques, j’apprends. »
Benjamin Franklin

Si vous avez des questions ou des retours à nous donner sur cette thématique, commentez, contactez nous, et pour en savoir plus sur Mak’Em Rize, c’est par ici.

Un grand merci à nos trois intervenants, merci au public présent pour les questions et les échanges, merci à vous d’avoir lu jusqu’ici : vous gagnez un café à venir prendre avec nous au Faubourg !

Directeur du Développement

Jean-Baptiste Sultan (Bouché)
Directeur du Développement de Makin’Ov et parfois animateur de table ronde

*source : La Pyramide de l’Apprentissage, National Training Laboratories, Bethel, Maine, USA

2 commentaires

  • Merci Jean-Baptiste pour cette synthèse très qualitative. Si on peut y goûter à la qualité des échanges et des réflexions, il me reste à appuyer sur la qualité de la réception car ça été un moment très agréable.

    J’aime beaucoup le résultat de la synthèse qui rappelle l’essence du découvreur qu’est l’être humain : la recherche d’un idéal (l’innovation porteuse de sens / le pourquoi) et l’opiniâtreté pour l’atteindre (l’erreur / l’apprentissage / la persévérance). Finalement, dès lors que le progrès se superpose à l’innovation, nos collaborateurs redeviennent des découvreurs, des expérimentateurs.

    Derniers mots : mention spéciale pour le nom de cette nouvelle offre Make Em’Rize : c’est juste parfait !

  • Un très grand merci pour ton commentaire Pascal, ça nous motive à continuer cette série d’événements et de partages !

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